L'Abbaye de Notre-Dame-des-Anges à Saint-Cyr-l'Ecole au Val-de-Gally

Référence : l'asile départemental de l'enfance et l'abbaye de Notre-Dame-des-Anges à Saint-Cyr au Val de Gally – A Dutilleux – Versailles 1884 – Ouvrage de la Bibliothèque de Versailles – Fonds D in 4 789.

Origine de l'abbaye

Saint-Cyr au Val-de-Gally dépendait autrefois du diocèse de Chartres ainsi que les paroisses de Noisy – Bally – Soisy aux Bœufs – (localité disparue lors de la construction du Château de Versailles) Fontenay le Fleury – Montigny – Saint-Cyr et Trappes sans que l'on connaisse les raisons de cette singularité topographique.

L'origine de l'Abbaye est mal aisée à établir. Certains auteurs disent qu'elle fut fondée par Robert III évêque de Chartres de 1156 à 1164 ou qu'un sieur Ebrard de Villeperor (Villepreux) fut bienfaiteur de l'Abbaye dès sa fondation vers 1150.

Les religieuses de Notre-Dame-des-Anges faisaient remonter la fondation à 660 en même temps que celle de Chelles. Aucune preuve n'existe de ces affirmations mais l'hypothèse la plus valable est celle de la fondation par Robert III.

Les religieuses de l'Abbaye qui suivaient la règle de Saint Benoît se vinrent attribuer d'importants bénéfices par les rois Louis VII, Philippe Auguste et Charles V.

Trois monastères de femmes en dépendaient : Saint Antoine de Rosny, Prieuré au Diocèse d'Evreux, Sainte Madeleine de Villarceaux, au Diocèse de Rouen, Saint Corentin au Diocèse de Chartres.

La maison mère de Saint-Cyr eut beaucoup à souffrir pendant les guerres, avec les Anglais et les luttes entre catholiques et protestants. Les archives de l'Abbaye furent détruites pendant cette dernière période et il n'en reste qu'un petit nombre de titres anciens.

Il faut mentionner également que cette Abbaye n'a rien de commun avec la maison de Saint Louis, construite en 1684 sous l'égide de Madame de Maintenon et qui devient en 1694 un monastère régulier de l'ordre de Saint Augustin.

Louis XIV ayant voulu pour implanter la maison de Saint Louis acheter aux religieuses leur Abbaye et celles-ci ayant refusé, elles se confinèrent, craignant le courroux du roi ; plus étroitement que jamais dans une paisible obscurité qui avait jusqu'alors le partage de leur monastère.

Elles évitèrent avec le plus grand soin tout point de contact avec leurs puissants voisins et vécurent ainsi à l'abri des agitations du monde jusqu'au moment où la révolution supprima les ordres monastiques.

Description de l'Abbaye en 1694

Cette description a été établie d'après le plan dressé par Bourgault, arpenteur du roi en 1694.

La première cour était entourée sur trois de ses côtés des constructions de la ferme et on y accédait par la porte monumentale construite vers 1650 grâce aux largesses de François d'Aligre Abbé de Saint Jacques de Provins, frère de l'abbesse Elisabeth d'Alligre.

On passait par une issue pratiquée en face de la grand-porte d'entrée dans l'enceinte proprement dite de l'Abbaye dont les bâtiments étaient disposés suivant un plan assez irrégulier.

A droite un vaste corps de logis renfermait le pensionnat relié aux bâtiments claustraux par une longue construction placée d'équerre sur le milieu du pensionnat. On accédait ensuite au cloître qui, limité à droite par le réfectoire et les dortoirs et à gauche par l'église, était ouvert du côté de l'occident. L'église construite au XII ème ou XIII ème ne manquait pas d'élégance. A gauche de l'église un petit bâtiment était vraisemblablement le logis abbatial.

Les jardins étaient fort agréablement plantés et renfermaient un bassin, une pièce d'eau, des bosquets etc…

La fin de l'Abbaye sous la révolution

La dernière abbesse de Saint-Cyr fut Madame de Guillermin qui prit sa charge au 12 juin 1785.

En exécution du décret de l'Assemblée Nationale des 13 et 18 novembre 1789 elle fit, par devant Monsieur Le Bailly de Versailles et Messieurs les officiers municipaux de Saint-Cyr, déclaration de tous les biens, mobiliers et immobiliers, dépendants de l'Abbaye ainsi que des revenus et charges.

D'après cette déclaration, les constructions étaient en fort mauvais état et le mobilier de valeur presque nulle.

Les biens immeubles se composaient de l'Abbaye, de la ferme attenante, de deux ou trois petites maisons à Saint-Cyr de 6 fermes situées à Fontenay le Fleury, Feucherolles, Mesnils Picquet (paroisse de Vicq), Néré, Courville en Beauce et enfin du prieuré de Nassandre ( Diocèse d'Evreux).

A cette date, les religieuses étaient au nombre de 34 dont 12 sœurs converses.

Les 27 avril et 12 mai 1791, les administrateurs du Directoire du district de Versailles firent procéder à l'adjudication de la ferme de l'Abbaye en exécution du décret de l'assemblée Nationale du 9 juillet 1790 relatif aux biens nationaux.

Enfin, en exécution du décret du 18 août 1792 qui prononçait la suppression des congrégations séculières et des confréries, le 28 septembre les officiers municipaux ne transportaient au monastère pour procéder aux opérations présentes et veiller à ce que les religieuses n'emportassent en se retirant que les meubles et effets à leur usage personnel.

Les 3 et 17 mai 1793 eut lieu la mise en vente de l'Abbaye proprement dite. L'adjudication fut prononcée au profit du citoyen Vital Guislain Bonneau « marchand épicier et de bois » domicilié à Saint-Cyr, moyennant le prix principal de 79 900 livres .

L'acquéreur avait acheté les locaux dans l'intention de les démolir pour vendre les matériaux. Les bâtiments claustraux furent détruits vers 1816 ainsi que la chapelle. Les matériaux se vendaient difficilement et il en restait encore vers 1830.

Après être passés dans diverses mains, le département de Seine et Oise acquit l'ensemble de la propriété en 1882 pour y installer l'asile départemental de l'enfance destiné à recevoir les enfants des catégories suivantes (arrêté préfectoral du 11 juin 1883) :

  • Enfants infirmes, idiots ou déments inoffensifs ;
  • Enfants orphelines, abandonnés ou délaissés privés de ressources ;
  • Enfants à l'entretien ou à l'éducation desquels leurs familles se trouvent dans l'impossibilité de pourvoir ;
  • Enfants que leurs parents ont délaissés et ceux pour la vie ou la maladie desquels il y aurait danger à les laisser à leur famille.

Description des bâtiments en 1882

Situation : l'asile départemental est situé à peu près au milieu du territoire de Saint-Cyr. La grande porte d'entrée se trouve presque en face de la petite église paroissiale et distante de 300 mètres environ de l'école spéciale militaire.

La propriété affecte la forme d'un trapèze dont la plus grande longueur mesure 425 mètres et la plus grande largeur 350 mètres ; la partie bâtie s'avance en prolongement sur le rue dite de « Madame » où se trouve l'entrée ; le tout est entouré de murs. Elle est coupée, au tiers environ de sa superficie, par une vaste et belle terrasse formant terre-plein sur lequel sont élevées les constructions anciennes et les nouvelles.

En pénétrant par la porte monumentale aux armes de France et datant du XVIIème siècle on se trouve dans une avant-cour qui était autrefois celle de la ferme et est entourée de bâtiments anciens qui constituaient cette partie, en quelque sorte extérieure, du monastère.

A gauche de la porte, un pavillon en briques et pierres construit par le dernier propriétaire, ensuite des anciennes constructions restaurées.

En face, à droite, les anciennes granges, étables, écuries.

Des constructions neuves ont été élevées à partir de 1882 pour accueillir les enfants mais ceci rentre dans l'histoire de l'asile départemental et n'est pas de notre propos.

Dernière les bâtiments de la cour d'entrée et à gauche de celle-ci se prolonge un assez vaste potager. Un peu en arrière s'étend la belle terrasse d'où descend en pente douce les vergers et terres cultivées. Au milieu du terrain un ruisseau d'eau vive sortant d'une grotte ombragée par un bosquet traverse la propriété dans toute son étendue.

Origine de la maison de Saint Louis

Louis XIV cédant à l'inspiration de Madame de Maintenon avait résolu de transférer à Saint-Cyr les quelques filles nobles qu'il avait fait élever à Noisy Le Roi. Il avait d'abord jeté les yeux sur le monastère de Saint-Cyr et proposé aux religieuses de lui céder leur maison et de les établir à Paris. Elles craignaient de perdre leur tranquillité et le supplément de les laisser où les avaient mises le Saint Roi Dagobert. Louis XIV pensa les contraindre mais Madame de Maintenon calma l'irritation du Roi.

On s'adressa alors au Marquis de Saint Brisson, membre de la famille Séguier, propriétaire d'un petit domaine situé également sur le territoire de Saint-Cyr.

Le Marquis consentit à vendre cette propriété consistant en château, parc, bois, ferme, terres, le tout d'une contenance de 300 arpents, moyennant 91 000 livres. Le contrat fut passé le 9 avril 1685 entre le Marquis et le Maréchal de la Feuillade qui céda ensuite, sous forme d'échange, la propriété au Roi le 14 juin 1686.



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